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Une bactérie peut-elle remplacer la teinture chimique ?

L’avenir de la mode et de la slow fashion réside-t-elle dans une bactérie ? On vous en dit plus

En 2017, Orsola Castrocan disait « En chine, on peut prédire quelle sera la prochaine couleur de la saison en regardant la couleur de la rivière ». Dans les pays d’Asie, il est plus que fréquent que les usines de confection déversent leurs eaux usagées et polluées de produits chimiques dans les ruisseaux et les rivières locales. Des rivières dont l’eau est utilisée au quotidien par les habitants locaux. Malgré l’action des différents organismes environnementaux en collaboration avec les grands groupes de l’industrie pour empêcher que les colorants soient rejetés dans les mers, l’industrie de la mode à soif.

C’est en cherchant du côté de la biologie que Natsai Audrey Chieza a peut-être trouvé une réponse et une alternative durable aux teintures d’aujourd’hui.

Dans son laboratoire, Chieza travaille la streptomyces coelicolor, une bactérie produisant des pigments se développant en quelques jours. Le microbe change naturellement de couleur en fonction du pH du support dans lequel il se développe. Ainsi, en modifiant cet environnement, il est possible de créer du bleu marine ou encore du rose vif. L’avantage de ce processus : il consomme beaucoup moins d’eau que la teinture industrielle classique. Également, contrairement aux autres colorants naturels, il n’est pas nécessaire d’utiliser des terres et des pesticides pour fabriquer une teinture bactérienne et il n’y a besoin d’aucun métaux lourds pour la fixer. Le pigment bactérien est biodégradable.

Contrairement aux autres colorants naturels, il n’est pas nécessaire d’utiliser des terres et des pesticides pour fabriquer une teinture bactérienne

Encore à ses débuts, cette bactérie, maintenant exploitée par le laboratoire Living Color au Pays-Bas, s’essaye sur différents textiles en collaboration avec des petites marques et des designers indépendants ” Nous devons effectuer une analyse approfondie de son cycle de vie, car nous devons nous assurer qu’une industrie de la teinture bactérienne ne pose pas de nouveaux problèmes environnementaux” déclare Laura Luchtman and Ilfa Siebenhaar, fondatrices de Living Colours.

À travers le succès des nouvelles matières durables comme le Pinatex ou encore par l’investissement de Levi’s dans le Sewing Robot, il est clair que l’industrie de la mode se tourne vers la science afin de trouver des réponses écologiques et responsables aux problématiques qui lui sont propre aujourd’hui. Mais n’est-il pas déjà trop tard ?

Natsai Audrey Chieza, créatrice de Faber Futures
Léa Marcq est la fondatrice et rédactrice en chef de THE ALLEAH. Sa mission est de démocratiser la mode responsable. La rendre plus ludique et plus accessible aux lecteurs de THE ALLEAH.