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Masque barrière en tissu DIY : mode d’emploi

Becs de canard, masques à plis, couture du milieu… il n’y a jamais eu autant de débat autour d’un accessoire textile, non pour son esthétique (quoi qu’un peu) mais avant tout pour son utilité. Avec les jours masqués à venir, il nous en faut plus d’un dans notre sac. Comment concevoir un masque en tissu ? Avec quelles matières ? Où acheter ses tissus ? Où se procurer des masques finis ? La rédac’ vous aiguille, sans mauvais jeu de mots. 

Les masques non chirurgicaux, ou “masques barrières” ont été le vif débat des normatifs : que conseiller pour assurer l’efficacité des masques artisanaux ? Après la critique du masque avec la “couture du milieu” établi par le CHU de Grenoble (la couture au centre du visage laisserait un passage aux microbes) ; l’AFNOR (Association Française de Normalisation) a proposé un modèle de masque faisant consensus, il s’agit du masque à plis. C’est aujourd’hui le type de masque le plus proposé par les commerces et les plateformes de vente en ligne. Il faut néanmoins préciser que si vous vous avérez être un cas de covid-19 contagieux, ces masques ne sont pas adaptés, il vous faut alors de réels masques chirurgicaux. Les masques barrières permettent de limiter la diffusion de microbes (si tout le monde en porte), et évite également la tentation de porter ses mains à la bouche ou au nez, parties du corps réceptacles du virus.

Si vous souhaitez réaliser vous-même votre masque en tissu répondant au cahier des charges de l’AFNOR, voici un tutoriel rapide et des conseils de récup’. N’hésitez pas avant de vous mettre à l’ouvrage à consulter le cahier des charges téléchargeable gratuitement. Tout d’abord, il est fortement recommandé d’utiliser du coton, de préférence biologique, à la fois pour des raisons écologiques évidentes et également parce qu’il sera en contact quotidien avec votre visage. Le tissu le plus agréable à utiliser serait de la popeline pas trop fine, le tissage doit être suffisamment serré pour limiter l’entrée de microbes. Pour observer l’intensité du tissage, vous pouvez vérifier si le tissu laisse peu ou beaucoup passer la lumière. Vous pouvez acheter du tissu neuf mais également réutiliser ce que vous possédez, si vous avez par exemple du linge de maison en coton de très bonne qualité et pas trop ancien. Pour les élastiques, pas d’affolement face aux ruptures de stock des merceries : vos collants effilés cachés au fond de l’armoire feront très bien l’affaire ! 

LE TUTO

Le masque à plis nécessite deux épaisseurs de tissus : deux rectangles de 24x18cm pour une couvrance de la joue suffisante. Voici un tutoriel rapide, agrémenté d’une vidéo diffusée sur Instagram :

  1. Coudre les côtés horizontaux endroit contre endroit et retourner l’ouvrage, puis repasser.
  2. A l’aide d’épingles, marquer les côtés larges à plusieurs niveaux pour préparer les plis : en partant du haut, placer une épingle à 2,5cm sur le côté large, puis une à 6cm. Effectuer la même opération en partant du bas (4 épingles en tout sur une largeur) et la même opération de l’autre côté. 
  3. Créer un pli dans le tissu au niveau des épingles à 6cm et ramener le pli sur les épingles extérieures (deux plis à effectuer, un dans chaque sens). Marquer les plis au fer à repasser. 
  4. Surfiler les largeurs avec les plis créés. Rabattre les côtés larges à 1cm/1,5cm pour créer le passage de l’élastique, et effectuer une couture droite pour fermer la coulisse. 
  5. Découper un morceau de jambe de collant pour créer votre élastique (ajuster la taille) et le passer dans la coulisse à l’aide d’un passe-lacets ou d’une épingle. Le masque est terminé ! N’oubliez pas de le laver avant la première utilisation.

Les masques doivent être manipulés uniquement par les élastiques. Il faut se laver les mains avant de le mettre et juste après l’avoir retiré. Bien que ce soit une aberration écologique, il est fortement conseillé de les laver à 60 degrés en machine après utilisation. C’est pour cela qu’un stock conséquent de masques limiteraient le nombre de machines à laver ! 

Si vous n’avez pas la possibilité de fabriquer votre propre masque, il est très facile de s’en procurer tout en soutenant les commerces ou artisans locaux : sollicitez les associations de couturier.e.s de votre quartier, rendez-vous dans les merceries de proximité, commandez des masques auprès de petites marques éco-responsables pour les soutenir comme Meuf Paris (qui distribuent 10 masques aux plus démuni.e.s tous les 100 masques achetés), ou auprès de marques upcycling comme Les Vilains Parisiens. Informez-vous auprès des tiers-lieux textiles pour savoir s’ils se sont reconvertis dans la création de masques, ce qui est le cas par exemple de La Textilerie dans le 10ème arrondissement de Paris. 

L’obligation récente du port du masque dans les transports engendre un nouveau comportement à adopter, ce qui n’est pas chose aisée. Voyons cela comme une aubaine, une occasion de promouvoir le réemploi, l’upcycling, la limitation des déchets et l’apparition de nouvelles formes de solidarité !